Hymne à la curiosité, Bienvenue dans mon cabinet

Cet article a pour but de dresser, de façon exhaustive, l’intérêt et la spécificité des cabinets de curiosités. Il est le tremplin de quelque chose qui m’est beaucoup plus personnel. Comme les curieux du XVIIe, je souhaite vous ouvrir la porte de mon cabinet à moi. 

Tous les mots en version audio

HYMNE A LA CURIOSITE, BIENVENU DANS MON CABINET

La passion a ses bons et mauvais côtés. Des bons côtés, en ce qu’elle est une quête qui jamais n’est assouvie. De mauvais côtés, car jamais cette soif n’est épanchée. A ce sujet Descartes critiquait cette addiction, notamment à propos des cabinets de curiosités. La passion, déraisonnable, dévore celui qui est sous son emprise. Paradoxal pour un scientifique qui cherche des réponses à de grandes et imposantes questions, non ? 

Souvent « curiosité » s’accompagne de « vilain défaut ». Pourtant les avancées scientifiques, ou non, mineures et majeures, dépendent de ces interrogations. Souvent multiples, elles sont assez difficilement assouvies. Ces questions sont singulières et parfois difficiles à appréhender dans leur complexité. Les questions, comme les objets, se collectionnent.

Le cabinet de curiosités propose un mot au pluriel. La curiosité se veut grande, et singulière. Une question en cachant une autre, il n’est pas rare de juxtaposer des interrogations, qui ont un lien, ou non. 

Tout l’enjeu se situe, donc, dans ce singulier et ce pluriel. J’ai pour ambition de faire de cette pièce intimiste le théâtre de ma première réflexion. Sous l’œil que j’espère bienveillant de Descartes, je joue le jeu du mot et décide de parler de la curiosité singulière, au singulier.

Qu’est-ce qu’un cabinet de curiosités

Si la Renaissance offre une période faste à l’architecture et à l’intellect, elle accueille également une nouvelle façon de concevoir son intérieur lorsque l’on est un curieux. Au-delà d’un style d’ameublement, le cabinet de curiosités permet non seulement de faire avancer la science, mais également les mœurs. 

Le cabinet de curiosités, l’histoire des histoires

C’est en Europe au XVIe siècle qu’apparaissent les « cabinets de curiosités ». Il s’agit d’une pièce meublée, où le propriétaire expose et accumule de multiples objets, venus du monde entier. Les conquêtes suivent leur cour à cette époque, de nouveaux mondes sont découverts et avec eux, de nouvelles cultures. N’est-ce pas humain d’en conserver une trace ?

Dans un cabinet de curiosités, la science côtoie alors la botanique, des animaux, ainsi que des objets fabriqués par l’homme. Ces pièces sont rendues uniques par la singularité et la rareté de ces objets qui la compose. 

En France et dans toute l’Europe on retrouve ces pièces pleines de mystères. « A quoi bon accumuler si on ne peut pas partager ? » me direz-vous, fiers sans doute d’avoir fait une rime… Le cabinet de curiosités est, en effet, une pièce intime, un havre de paix où chaque collectionneur peut s’évader sans sortir de chez lui. On imagine assez rapidement que seul le cercle restreint que compose la famille et les amis pouvaient accéder aux trésors qu’enfermaient ces pièces. Mais la réalité est toute autre.

Le cabinet de curiosités, science et conscience guidées par la passion des curieux

La curiosité est le lieu du partage, car sans interlocuteur, il est difficile d’exposer ses pensées, ses interrogations et ses doutes. Au XVIIe, les collectionneurs ouvre la porte de leurs chambres secrètes à la science. Elle se glisse, alors, doucement entre les quatre murs, dans un silence religieux. Cette porte, elle ne se fermera plus. 

Les scientifiques recueillent dans ces appartements de nombreux spécimens, qui alimentent les recherches. La botanique, par exemple, connaîtra là son heure de gloire. Les graines de plantes inconnues sont en effet particulièrement faciles à transporter. Ainsi traversent-elles le monde entier et font avancer les recherches des scientifiques restés au pays. 

Intimistes, ces cabinets représentent les prémices des musées. Dès lors, il ne faut pas attendre plus tard que 1683, pour qu’ils en deviennent un. C’est à Oxford qu’un cabinet de curiosités devient un musée, un lieu ouvert au public, destiné à démocratiser la culture. Bien entendu, seules un nombre restreint de personnes ont accès à ces loisirs, car ils en ont les moyens.

Les rois, d’ailleurs, se passionnent assez rapidement pour ces choses nouvelles et certaines collections se voient incorporées à leur patrimoine. Celle de René Antoine Ferchault de Réaumur, botaniste et scientifique de profession, en fait partie. Il est, en effet, le propriétaire de l’un des plus grands cabinets de curiosités du royaume de France. Après son décès en 1757, ses collections et recherches, initialement destinées à l’académie des sciences, intègrent le Cabinet du Roi. 

Les objets insolites sont synonymes de richesse pure et non plus de richesse intellectuelle seulement. Mais il est trop tard pour le protectionnisme intellectuel : la curiosité n’a pas de limite. Les musées se développent et 1789 marquera la fin de la monarchie, rebattant les cartes de la connaissance. 

Entrez, bienvenue chez moi

On garde les choses pour se rassurer, on prend des photos pour se souvenir, ou pour se consoler. Je suis anxieuse à l’idée de commencer ce voyage, avec vous, et depuis ma chambre. D’ici, je veux vous emmener partout. Permettre le beau là où on pourrait trouver ce vilain défaut, qui n’en est pas un. 

Mon cabinet de curiosité, démarches et ambitions

Depuis longtemps j’aime entendre des histoires, celles de mes proches, de mes amis, et celles des inconnus, que je croise parfois dans le train. Les objets nous disent les choses, ils témoignent de la complexité du monde et des moments dans lesquels ils jouent un rôle.

Prenons pour exemple l’étiquette d’une bouteille de Château Rayas, que j’ai encadré à mon mur. Elle est le témoin d’un moment de passion, où je découvre la complexité de la vie. C’est un verre de ce vin que je déguste à chaque fois que mes yeux se posent sur cet objet. Cette étiquette, elle symbolise le début d’une histoire d’amour, pour le terroir et les faiseurs de vin. Elle est un point zéro. 

Chaque objet, de mon cabinet de curiosités est un point zéro. Ils reflètent, tous, la personne que je suis et je suis faite des histoires des autres. Comme je le disais auparavant, chaque cabinet se caractérise par sa singularité et sa rareté. Nous sommes tous des cabinets de curiosité(s). A vous de choisir, si ce mot vous l’entendez au singulier ou au pluriel. 

C’est avec ces objets que les langues se délient, ils sont le tremplin d’une connivence, entre celui qui raconte et celui qui écoute.  Curieux, on se demande « qu’est-ce donc que cela monsieur, s’il vous plaît ? » et on obtient une réponse.

Discutons de nous un moment, voulez-vous ?

La curiosité, ce vilain défaut

Collectionner est une passion. S’interroger est une passion également. J’utilise cette transition somme toute bancale pour arriver à mon sujet, non sans peine. Il n’est plus de « vilain défaut » qui tienne. Être curieux c’est se poser des questions. C’est ce qui nous amènent à mieux comprendre le monde et son fonctionnement. C’est également parfois enfoncer des portes ouvertes, comme ce que je viens de faire. Il en est fini de la frustration du simple « parce que ». Redécouvrir notre environnement par le prisme de l’interrogation c’est s’assurer de ne jamais s’ennuyer, et parfois même de changer les règles du jeu.

Sur mon étagère il a tous mes intérêts, que je souhaite depuis longtemps partager avec vous. Aujourd’hui je fais preuve d’un grand courage et je vous offre mes mots, mes aventures, et ma curiosité. Comme une réponse, libre à vous d’en être satisfait, ou pas ; mais prenez en soin. 

La curiosité a de multiples formes, elle peut être passagère : Comment appelle-t-on le mâle de la belette ? ; Ou régulière : je ne citerai pas Shakespeare. J’accumule des objets. Je collectionne les questions ; je collectionne les réponses. Si je ne trouve pas les réponses alors j’ouvre la porte de mon imaginaire

Ceci est une invitation au voyage et je vous invite à me tenir compagnie. Voulez-vous me tenir compagnie ?

Si oui, je vous dis à bientôt. 

Hissez-haut, 

VL


N’hésitez pas à me faire part de vos mots doux, de vos impressions. Dites moi quel est votre objet préféré, par exemple, ou racontez-moi une histoire.

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4 réflexions sur “Hymne à la curiosité, Bienvenue dans mon cabinet

  1. Pierre Defoulounoux

    Je suis heureusement surpris de découvrir ton blog. Je n’avais aucune idée de l’intérêt que tu portes aux cabinets de curiosités.
    Ta prose est posée et intelligente.
    J’ai hâte de découvrir la suite !
    Keep going guuurl 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Huguette-laure Krups

    une superbe maturité, un merveilleux questionnement , une très jolie plume qui ouvre la voie sur les plus petits et plus grands intéressements au fonctionnement de la personne humaine par rapport à son environnement et à ces petites choses qui nous font dérouler des films incroyables. bravo Victoria . dans le temps d’il y a longtemps on nous disait ‘la curiosité est un vilain défaut’, heureusement le paradigme a changé la curiosité est salvatrice et participe au bonheur d’exister. longue vie à ta plume .

    Aimé par 1 personne

    1. Ces mots me touchent énormément Huguette et me stimulent d’autant plus. Merci pour ces compliments, merci pour ces encouragements. J’ai hâte de partager de nouvelles histoires et de faire un peu la poète des choses du quotidien !
      ♥️🌙

      Aimé par 1 personne

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