Qu’importe le contenu pourvu qu’on y pense

Écrire c’est un peu comme faire un puzzle. Si on ne dispose pas de toutes les pièces, alors l’œuvre est bancale… C’est le stéréotype de mon pays qui me sert ici de clé de voute. Merci donc à toi, le bon français et à toi aussi jolie française de m’avoir permis de proposer ce second article. 

Qu’importe le contenu pourvu qu’on y pense

Tout est parti d’un questionnement sur l’invention de l’expression « voir le verre à moitié vide ». L’opposition du courant optimiste et pessimiste semblait réductrice. Je ne pouvais décemment pas ne parler que de cette dichotomie. J’ai mis du temps pour trouver ce fil conducteur. Et finalement, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait ivresse, non ? C’est en tout cas ce que disait Musset … A ce détail près qu’ici, le contenant à son importance. Plus encore, en cette période de canicule il semblait très à propos de discuter de quelques liquides. Je vous prie d’apprécier l’ironie…

Aujourd’hui je décide de revêtir le costume du mauvais médiateur. Je parle sans trop de conviction de l’optimisme, pour faire un éloge rapide du pessimisme. Mais en réalité, peu m’importe la façon dont on choisit de vivre, tant que cette vie est vécue en bonne compagnie. Ainsi, c’est avec un verre de vin que je vous parle de notre culture française dont je suis si fière. 

N’attendez plus : prenez, lisez et buvez-en tous !

Voir le verre… Question de perception

Cet éternel débat de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein s’est posé une fois de plus, pour savoir dans quel ordre j’allais ranger mes idées. 

A moitié plein: Optimistes, vous me fascinez

L’optimisme a remporté cette manche pour la simple et bonne raison que je n’en suis pas. C’est pourtant une façon de vivre qui force mon admiration. Voir le verre à moitié plein c’est se réjouir de ce qu’il reste à déguster. C’est la satisfaction de voir un moment de plaisir (ou de bonheur) se prolonger un peu.

Côtoyant moi-même quelques optimistes je ne peux que constater que leurs sourires et leur bonne humeur les amènent doucement à intégrer un cercle vertueux. De nombreuses études anglo saxonnes (de l’université de Walls et l’université du Tenessee) ont d’ailleurs permis de souligner qu’effectivement, le sourire permettait de créer naturellement de la joie chez celui qui le pratique. 

Saviez-vous qu’il existe en France une ligue des optimistes ? Comme si pour vivre mieux dans le monde il fallait mettre fin au cynisme. Il semblerait même qu’en 2019 être heureux soit une injonction. Le « penser positif, manger sain et dormir beaucoup » est de plus en plus présent, n’est-ce pas étouffant ? Chassez le cynisme, il revient au grand galop ! Mais sans une moitié de vide, un verre ne peut pas être à moitié plein.

Aller : santé ! 

A moitié vide : Pessimistes, je vous aime

Cette injonction au bonheur rencontre globalement une vive opposition de la part de ceux qui voient ce verre à moitié vide. 

Les pessimistes ironisent et pratiquent l’art de voir le mauvais côté. Levant souvent les yeux aux ciels, ils s’obstinent à ne pas vouloir accepter que le verre peut être vu de deux manières.  

Finalement, n’est-ce pas mieux de lutter contre la déception ? Car s’attendant au pire on ne peut que trouver le mieux. C’est d’ailleurs le constat que dresse la professeure Julie Norem dans son étude sur Le pouvoir positif de la pensée négative.Tout comme pour soutenir les optimistes, de nombreux scientifiques se sont penchés sur la question de la pensée négative. Ainsi des chercheurs allemands ont démontré qu’être pessimiste pouvait allonger la durée de vie…

Avec cette opposition, où est-ce que je veux en venir ? Entre un verre et quelques discussions houleuses, il ne m’a pas fallu longtemps avant de trouver le lien avec la culture française. 

Peu importe sa situation, un verre, ça se partage.

Finalement, l’expression n’a pas lieu d’être si aucun verre n’est rempli ! Et que fait-on avec un verre si ce n’est le partager ? 

Ce débat sans fin, à qui la faute ?

Après une courte analyse sans objectivité, j’ai choisi mon coupable. 

La vigne jalonne les territoires français depuis que les Romains et les Grecs pratiquent le commerce du vin dans la mer Méditerranée. Ainsi le vin apparaît comme partie intégrante de notre patrimoine. Dès lors tout régionaliste vantera les mérites de sa région sur celle d’un autre (chers Bourguignons, chers Bordelais… trinquez !). Tout nationaliste soutiendra que le vin de son pays est meilleur que celui d’un autre. 

Les quelques miettes (ou plus selon les goûts) de chauvisime, nous font nous enorgueillir. Nous sommes si fiers de la complexité de nos climats, de la typicité de nos sols, ou encore de la multiplicité de nos cépages. Et ces avis, aussi divergeant soient-ils nous amènent inéluctablement à débattre et à faire des compromis. 

Voilà mon coupable : c’est au vigneron que nous devons cet incessant débat du verre à moitié vide, ou du verre à moitié plein. C’est grâce à lui si on s’amuse de ce qu’il reste dans son verre. C’est de sa faute si l’on est triste de voir cette bouteille se terminer…

Le coupable qui fait tant parler les gens, qui les réunis, qui les fait s’asseoir et se taire au moment où la bouteille se débouche, c’est notre vigneron. Je le remercie de semer les troubles à table et de faire des vins dont on veut parler. 

A votre bonne santé, un point c’est tout

L’art de la table consacre un beau chapitre à la situation d’un verre de vin sur nappe blanche. Jamais seul, le vin doit toujours être servi par celui qui reçoit. 

Comment servir un verre de vin ? Toujours à sa juste moitié, pour ne pas priver le dégustateur de quelques arômes délicats ; ou ne pas le faire languir jusqu’au prochain service. Le verre à pied est donc rempli à demi pour faire discuter, papoter, polémiquer celui qui boit. 

L’optimiste boit, le pessimiste aussi. Ils trinquent tous, à l’art de débattre, à la rhétorique, à la prose ou à l’emphase. Le bon français râle, la française râle aussi ! A vous de déterminer lequel des deux a lancé le débat. Nous pourrions de nouveau trouver matière à en discuter ! 

Verre à moitié vide, ou à moitié plein, le tout est dans avoir un. Si j’étais tentée de laisser Alfred de Musset conclure comme il avait commencé cet article– c’est-à-dire avec la même citation, j’ai finalement changé d’avis. Laissons le mot de la fin à Gramsci, philosophe et militant du début du XXe siècle qui disait « il faut allier pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ». Je vous invite à méditer sur ces mots avec vos proches et autour d’une belle bouteille de vin. Invitez ceux que vous aimez au débat. Faites de la poésie, et ce sera beau.  

Hissez-haut, 

VL


N’hésitez pas à me faire part de vos mots doux, de vos impressions. Dites moi quel est votre vin préféré, par exemple, ou racontez-moi une histoire.

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PS : je tiens à rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il convient de boire conscient. Faites honneur à ces femmes et ces hommes qui travaillent pour embellir vos débats. Restez dignes et ne côtoyez pas l’ivresse, ce serait dommage. 

4 réflexions sur “Qu’importe le contenu pourvu qu’on y pense

  1. alice pieyre

    Il ne faut que quelque secondes à peines pour se plonger dans ton univers, mais beaucoup plus pour en sortir ! Je trinque à ta réussite !

    Mots doux d’une optimiste convaincue de ton succès !

    Aimé par 1 personne

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