Vin et sensualité : Une histoire d’amour

C’est beau un vin. De la couleur de ses grappes à la délicatesse des courbes d’une bouteille. Un vin se laisse désirer parfois, au regard des prix qui sont pratiqués pour certains. Un vin éveille le désir, on souhaite savoir quels secrets il a à nous dévoiler… mais pas trop vite, sinon ça serait gâcher. Un vin se savoure, se laisse boire, ouvre des portes à la réflexion. Le vin est sensuel, le vin vous laisse dans tous vos états.

Pour écouter ma voix, c’est par là

Vin et sensualité : une histoire d’amour

Le mot sensualité fait, autour de moi, beaucoup débat. Tantôt on se laisse croire qu’il se rapporte aux cinq sens dont nous sommes pourvus. L’odorat, la vue, l’ouïe, le toucher et le goût seraient alors la seule substance de la sensualité. Or dans nos esprits, sensualité n’est jamais très loin du désir et de la sexualité. « Sensualité » se lie avec pléthore de thématiques. Le vin ne fait pas exception, il en est d’ailleurs plutôt fidèle. 

Personnellement, il me fait danser un tango lorsqu’il est rouge, il me fait voyager lorsqu’il est blanc, il me fait rêver lorsqu’il est jaune et rire lorsqu’il est rosé. De la haute couture à la plus humble des bouteilles, chaque contenant raconte une histoire. Chacune d’elles est teintée d’une sensualité qui lui est propre. Indéniablement le vin fait appel à tous les sens lorsqu’il est bu, et n’est pas exempt d’une part d’érotisme. Depuis les mythes jusqu’à son exploitation dans les séries et au cinéma, le vin n’est jamais bien loin de la passion.

Alors le vin serait-il une simple histoire de cul ? non. Bien entendu.

Ces sens qui rendent le vin sensuel

La sensualité correspond à l’attachement au plaisir des sens. Des sens, on en a cinq et le vin fait appel à chacun d’eux, avec plus ou moins de discrétion. 

Les discrets

Deux sens ne semblent pas nécessaires à la dégustation et je souhaite en parler en premier lieu. Selon moi en effet le toucher et l’ouïe ont parfaitement leur rôle à jouer avant même la vue, l’odorat et le goût. 

Cela s’explique assez simplement : il s’agit de la première approche avec le vin. En effet, la forme de la bouteille peut jouer dans l’appréhension de la dégustation. Il existe plusieurs formats de bouteille, au-delà du contenant (classique, Magnum, Jéroboam etc.). Chaque région propose son propre format de bouteille. Les vins du Jura seront placés dans un clavelin, de 62 cl ; les bouteilles de Champagne et d’Alsace seront plus élancées ; celles de Bourgogne, de la vallée du Rhône ou encore de Provence seront tout en courbes alors qu’à Bordeaux, la transition entre le goulot et le cylindre sera plus nette. 

Outre les courbes des bouteilles, la forme du verre est également très importante car elle jouera sur l’appréciation du vin. Nous en conviendrons, il est plus plaisant de déguster dans un verre à pied fin et délicat, plutôt que dans un verre rustique et lourd. 

L’ouïe, quant à elle, est convoquée à deux instants importants de la dégustation : le service du vin et le moment de trinquer. Ici je choisis d’invoquer l’ASRM, soit la « réponse autonome sensorielle culminante ». En d’autres termes, pour certaines personnes ces bruits, comme d’autres, déclenchent une sensation de plaisir non sexuelle au niveau de la tête et jusqu’en bas du cou. Le vin, est un grand frisson ! Dénués de tout caractère sexuel donc, ces sens sont une composante non négligeable dans l’appréhension sensuelle de la dégustation. 

Les évidents

Trois sens sont essentiels lors de la dégustation : 

  • la vue 
  • l’odorat
  • le gout 

Dans un premier temps, l’exercice de la dégustation demande à ce que chacun de ces sens soient isolés. D’abord je scrute le vin, je le déshabille du regard. Puis je le sens, je laisse ses parfums m’enivrer doucement. Je décortique ces odeurs qui me sont familières ou non, qui me sont douces, ou non. Enfin, arrive le moment de la mise en bouche où le corps du vin vient heurter mon palais. Là se définit le plaisir que j’ai à boire. Ce vin, sensuel, me séduit, ou non. 

Cet indispensable trio se veut ensuite un tout, lorsqu’après la première gorgée on lie le vin à des mets, pour qu’ils s’accordent ou se désaccordent. Qu’ils se ressemblent, ou qu’ils s’attirent dans leur contrariété les accords dansent, flattent et séduisent.

La sensualité du vin, de l’Antiquité jusqu’à notre canapé

La sensualité liée au vin a traversé les âges, de l’Antiquité où elle était réservée aux hommes au XXIe siècle où la culture pop a placé un verre dans les mains des femmes puissantes. 

Santé à toi, Bacchus

Chez les Grecs puis les Romains Dionysos et Bacchus, sont les deux divinités du vin. Si l’un est perçu comme un tyran il est également responsable de la fertilisation des cultures ; l’autre est connu pour les fêtes et son amour pour le partage. Bien entendu, les Dieux ayant quelques petits défauts qui les rendent plus proches du peuple, Bacchus, lui, aimera l’amour. La sensualité et son vin se lient alors à chaque fête, banquet et autres rassemblements

« Pouvait-il faire meilleur cadeau à l’humanité que le vin ? »

B. Pivot

C’est en ces termes que Bernard Pivot parle de Bacchus dans sondictionnaire des amoureux du vin. S’il apporte à l’humanité de quoi aimer et sublimer son terroir il apporte également de quoi décupler, jusqu’à la déraison, l’amour de la chair et égayer les sens. Le terme bacchanale désigne ainsi les orgies bruyantes et vineuses… La sensualité et le vin sont alors consommé sans modération. 

Intrigantes représentations que font les hommes de ce Dieu du vin, lorsque l’on sait que les femmes n’avaient pas le droit de boire de vin. Une femme respectable ne pouvait en effet décemment pas consommer un breuvage qui libérait tant les mœurs ! 

Quoi qu’il en soit si on ne le consomme pas nécessairement il est possible de l’admirer, car les artistes se sont souvent fait les fils de Bacchus. Dans l’art populaire, de la peinture à la poésie Bacchus serait d’ailleurs plus représenté que Vénus elle-même. Transition toute trouvée pour bondir de l’Antiquité au XXIe siècle. 

Le vin et la culture pop : jambe, cuisse et larmes

Je mentirais si je disais que je ne lie pas femme et vin avec plus d’évidence que les hommes. Un faux pas dans mon féminisme que de dire que le vocabulaire de la dégustation est plus proche de ces dames que de ces messieurs. 

Le terme sensualité, nous l’avons dit se définit de la façon suivante : attachement au plaisir des sens. De quel plaisir parlons-nous alors ? « Pour aimer le vin il faut aimer les gens», disons-nous.  Cet amour a, selon moi, une connotation érotique assez délicieuse. Le vin se déguste petit à petit et offre le temps. Tout se ralentit puisque le vin se savoure. Tout devient beau puisque le temps s’arrête.

Avec la pop culture en parallèle, on découvre alors que les séries américaines font la part belle aux femmes et au vin. Quelle allure prend alors cette relation ? Etrangement non sans ironie, elle suit les étapes de la dégustation, en étant à la fois sensuelle et dramatique, avec cuisses, jambes et larmes. 

Qu’elles trinquent au Chardonnay dans Desperate Housewives, qu’elle reprenne sa vie en main seule et courageuse dans The good wife, ou qu’elles dominent leurs mondes dans Game of Thrones ou dans Scandal, toutes ces femmes ont un point au commun : elles boivent du vin. Tantôt rouge, tantôt blanc, le vin dans les séries se veut à la fois symbole de pouvoir, de puissance d’émancipation mais également de tristesse si ce n’est de névrose. L’alcoolisme se développe alors au fur et à mesure que ses femmes s’accomplissent : c’est moche.

Les hommes quant à eux, ont renié le vin jusqu’à avouer qu’ils ne l’aiment pas, pour se laisser charmer par les spiritueux : chacun prêchera pour sa paroisse. Le schéma d’accès au vin se renverse donc, prends ça l’Antiquité !

Ce marqueur social permet d’associer la sensualité de chacune des héroïnes au breuvage dont Bacchus est si fier. Le marketing est bien fait, car comme l’image de la cigarette déclenche inconsciemment l’envie de fumer aux adeptes, le verre de vin à l’écran amène également à ce réflexe. 

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Si le vin est sensuel, qu’il nous séduit à un moment de fête, celle-ci doit se terminer. Les amants s’endorment, les femmes qui lisaient dans leur bain vident leurs baignoires et les sens se reposent. Même s’il est plaisant de se laisser guider par ses sens, de faire vibrer la sensualité du vin, n’oublions pas qu’il faut boire conscient et être responsable.

A ce titre je salue la campagne mise en place par vin et société, qui consiste en la revalorisation du geste de recracher, lors des dégustations… Pas très sexy me direz-vous. Certes, il n’empêche que si Bacchus était grand et beau dans sa jeunesse, l’ivresse aura eu raison de lui et de sa splendeur. 

Soyez beau et hissez-haut, 

VL.


N’hésitez pas à me faire part de vos mots doux, de vos impressions. Dites moi quel est votre vin préféré, par exemple, ou racontez-moi une histoire.

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PS : je tiens à rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il convient de boire conscient. Faites honneur à ces femmes et ces hommes qui travaillent pour embellir vos débats. Restez dignes et ne côtoyez pas l’ivresse, ce serait dommage. 

3 réflexions sur “Vin et sensualité : Une histoire d’amour

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