Vin et Mode : Des goûts et des couleurs nous allons discuter

En cette fin de Fashion week, je ne pouvais pas ne pas évoquer le lien irrésistible qui lie les exigences de la viticulture à celles de la Haute-Couture.

Vin et mode : Des goûts et des couleurs nous allons discuter

Le styliste crée. C’est son métier. Il produit des pièces hors du commun, qui perdureront dans la mémoire, participeront à l’histoire. Au-delà d’une profession, le stylisme est une passion. La Haute-Couture peut être voluptueuse, douce, stricte, etc. En pleine fashion week je me suis demandée s’il n’existait pas de belles ressemblances entre la mode et le vin. A la fin de cet événement de grande envergure, je vous propose mes mots. 

La viticulture n’est pas si éloignée de la Haute-Couture. On peut pourtant penser ce rapprochement impossible : comment une profession qui nécessite de côtoyer la terre peut-elle être comparée à la plus fine de joaillerie ? On oublie assez vite que le viticulteur est un réel orfèvre. 

Tous deux artisans, vignerons et stylistes cherchent à transmettre un message et des émotions. Ils traduisent dans leur art, une vision, de la société, du temps, du monde et de l’avenir. Leur production, une fois terminée, fige le temps, le marque à tout jamais. On dit souvent que des goûts et des couleurs il ne faut pas discuter. Mais nous, nous aimons la contradiction, alors parlons-en ! 

Et Chanel dans tout ça ? Je l’imagine boire un Jurançon, rire et lancer son fameux : la mode se démode, le style jamais ! Existe-t-il une mode dans la viticulture ? Découvrons, ensemble, l’art de la vigne sous toutes ses coutures 

Le créateur de vin, un styliste à part entière

J’ai posé la question suivante à mon entourage : « Si je vous dis « Mode & Vin » que me répondez-vous ? ». Instinctivement la première chose qui leur venait à l’esprit était « la courbe de la bouteille ». Question de sensualité ? Un vin s’habille et se déshabille du regard. Il est soumis aux mêmes exigences que celles que connaît le couturier. Il est décomplexé comme celui ou celle qui s’approprie la Haute-Couture : il est révolutionnaire et rock n roll. 

Le savoir-faire des vignerons, pour des vins sur mesure 

Tout commence à la terre : à la vigne. La viticulture est un métier qui nécessite bon nombre de prérequis techniques et une mentalité d’acier. Le courage des hommes et de ces femmes qui produisent le vin est sans pareil. Cultiver la vigne, c’est se confronter au temps qui passe et aux aléas de la météo. Chaque bouteille marque son temps, fige une année dans 75 cl (et plus si affinités). Au même titre que les grandes maisons de Haute-Couture, le viticulteur met tout son coeur à l’ouvrage afin de créer des produits d’exception.

Le terroir est une chose, mais l’histoire permet de poser des mots sur ce temps qui passe et qui marque les vignobles. Deux visions de l’histoire s’offrent à nous. Le grand angle avec cette France qui porte en elle la réputation d’être le berceau de la Mode et l’un des phares de la viticulture. Une vision plus intimiste où le vin est un bijou placé dans les plus beaux écrins, sur les plus belles cartes des grands restaurants. Cette notoriété est issue d’un grand travail de la part de chaque Château et domaine. Cet attachement aux racines, aux motivations des précurseurs de la vigne est similaire à celle des grandes maisons de Couture. Tout le monde connait l’histoire de Coco Chanel avant celle de Karl Lagerfeld. Nombreux sont ceux qui savent que la famille Mallet-Roquefort est l’une des plus anciennes de la région Bordelaise avec ses quelque 800 ans d’histoire viticole. Cette image de marque se travaille et se veut parfaite, dans les deux cas. 

Enfin, toute marque de Haute-Couture se doit d’être identifiable. Ainsi ont-elles recourt aux égéries. Qui aime le vin se doit de connaitre au moins le visage de Henri Jayer, la moustache de Stephan Von Neipperg ou encore la voix de Mathieu Cuvelier. Le premier est un vigneron bourguignon, modestement surnommé le « roi de la Bourgogne ». Ses vins dont les prix côtoient ceux des Pétrus n’ont d’égale que l’admiration que lui portent tous les amateurs de vins. Le second est le propriétaire de plus de six Châteaux viticoles à Bordeaux. Il est issu d’une famille qui cultive tant les relations diplomatiques que la vigne depuis le XIIIe siècle. Mathieu Cuvelier, quant à lui est un jeune vigneron prometteur plein d’ambitions. A l’image de ses productions, il représente ses Châteaux et leur apporte, en partie par son image, énergie et noblesse. 

La révolution et la disruption, le vin sous les projecteurs 

Comment un vin peut-il être révolutionnaire en étant cultivé depuis l’Antiquité ? Car comme dans la mode, le vin brusque les codes, s’affranchit, fait évoluer les moeurs. Il marque le temps car il met un terme à certaines pratiques. Plus de transparence dans le liquide, plus de responsabilité dans la façon de cultiver la vigne, une meilleure qualité du verre (je pense au passage du gobelet en argent au verre que l’on connaît aujourd’hui), par exemple. En plus d’être rock n’roll le vin nous rend plus accessibles socialement, nous rend parfois flous. 

Être révolutionnaire est une chose, être accepté par le reste du monde en est une autre. Comme pour les défilés, le milieu viti-vinicole connaît aussi ses temps forts et ses critiques. Robert Parker, cet Anna Wintour de l’oenologie a, en effet, fait la pluie et le beau temps au travers de son magazine Wine Advocate à partir des années 1980. Son influence a été si importante qu’aujourd’hui de nombreux Château s’organisent afin de s’émanciper du label « vin parker » dans leur style, qui leur a été attribué au fil du temps. Il s’est retiré des affaires depuis mi 2019. Le milieu attend avec impatience de pouvoir découvrir qui saura prendre sa suite: le Roi est mort, vive le Roi. 

Le vin est donc une boisson Haute-Couture qui revêt tous les attributs des plus grandes maisons de mode. Attachés au patrimoine français le vin et la mode sont perçus comme inaccessibles. Mais de nombreux moyens sont mis en place pour que tous nous puissions toucher du bout des doigts la connaissance du vin, au même titre que celle du milieu Fashion. 

L’amateur de vins : entre tendance et affirmation de soi

Comme un dressing, une cave s’alimente et s’embellit avec le temps. De nombreuses conditions doivent être remplies pour une conservation parfaite de ces produits, chers au coeur du passionné. Le vin est-il un phénomène de mode comme un autre ? Ou permet-il de s’affirmer au  même titre qu’un style vestimentaire ? 

Le vin comme un phénomène de mode ? 

Un « phénomène de mode » a une définition plutôt négative. Le dictionnaire explique qu’il s’agit d’un « Phénomène qui provoque un comportement, une consommation chez les individus lorsqu’ils constatent que de nombreux paires ont déjà ce comportement »

La fast fashion joue énormément sur ce mode de fonctionnement pour s’assurer de la fidélité de ses consommateurs. Dans les grandes lignes voilà ce que l’on pourrait dire : Produire en masse, à moindre coût, avec des matières premières de basse qualité pour vendre énormément est malheureusement un comportement qui se retrouve tant dans la mode et dans le vin. Le shopping devient pour certain(e) une addiction également, au même titre que l’alcool. Mais ce serait enfoncer des portes qui sont déjà bien trop grandes ouvertes. 

On remarque tout de même une saisonnalité dans le vin. Qui ne dit pas que le blanc est un vin d’été tandis que le rouge est réservé aux nuits d’hiver ? Il existe donc bel et bien des tendances dans le marché du vin. Au-delà de la notion de spéculation, le marché redouble d’ingéniosité ces derniers temps. Le rosé redevient produit de grande qualité, le rosé pamplemousse ou (pire) le rosé piscine on été mis de côté. On préférera aujourd’hui mettre un peu plus de budget dans un Château Saint Maure, un Ott ou encore un Château Puech-Haut. Quid du vin bleu ? Cette tendance qui se développe tous les étés depuis deux ans, sans doute pour séduire un public plus jeune, ne cesse d’attirer les curieux. N’oublions pas la nouvelle tendance qui vise à faire des cocktails non plus à base de spiritueux mais bien de vins ! 

Si le phénomène de mode est critiquable il permet cependant de développer sans trop de danger un certain goût, un style, qui restera pour longtemps. L’éducation donc, est au centre de la mode, qu’elle soit Couture ou viticulture.

S’affirmer, entre sa garde-robe et sa cave à vin 

Un style ça se trouve et le chemin pour l’atteindre est, pour certain, laborieux. Mais à force d’essayer, d’acheter des vêtements, de constater ce qui nous plaît, ce qui nous met en valeur, on finit par se définir grâce à notre façon de porter des pièces. Le vin est assez similaire à ce fonctionnement. Après tout un palais, ça s’éduque ! L’éducation passe par la consommation, c’est une activité empirique, une mise en pratique régulière de l’art de la dégustation.

Comme on développe un style vestimentaire grâce aux influences de sa famille, par des conseils, on apprend également à boire le vin avec nos proches. Un rapport annuel de Vin et Société démontre, à ce titre, que 63% des Français(e)s jugent que le vin s’apprend en famille. 

Pourtant d’autres, comme moi, apprennent tant à trouver leur style grâce à leurs ami(e)s, qu’à consommer conscient avec eux également. Ce phénomène n’est pas illogique puisque l’accès au droit de consommer de l’alcool coïncide, en tout cas en France, à l’accès à la majorité. De plus, les bars et caves à vin semblent apparaitre en grand nombre dans les paysages urbains, amenant le passant débutant ou connaisseur à profiter d’un moment de découverte en toute convivialité. 

Comme on conseille pour une paire de chaussures, on conseille pour un vin. On s’adapte aux goûts de son interlocuteur ou le pousse hors de sa zone de confort. On a tous un vin qui nous rassure, comme ce sweat qu’on enfile le dimanche loin des regards indiscrets. On a tous ce nom de Cru en tête qui saura épater tout le monde comme cette superbe robe que l’on ne sort que pour les grandes occasions. On suit la mode pour trouver son style, on affirme son goût, sa couleur, on en parle, parce qu’il faut partager ! On termine la bouteille, on la garde comme un objet précieux, de collection, en souvenir d’un temps, d’un moment, doux. 

A vous de jouer : marchez droit, regard nonchalant, et Hissez-haut. 

VL

N’hésitez pas à me faire part de vos mots doux, de vos impressions. Dites moi quel est votre vin préféré, par exemple, ou racontez-moi une histoire.

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PS : je tiens à rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il convient de boire conscient. Faites honneur à ces femmes et ces hommes qui travaillent pour embellir vos débats. Restez dignes et ne côtoyez pas l’ivresse, ce serait dommage. 


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