Vin et Authenticité : Un plaisir partagé

Boire seul, c’est mal vu. Le lien social est presque inhérent à la consommation de vin. Ouvrir une bouteille c’est provoquer le contact, le dialogue et la convivialité. Un vin, foncièrement authentique, est un moyen de dévoiler l’authenticité de chacun des vignerons et celle de la société. 

Vin et Authenticité : Un plaisir partagé

La vigne est cultivée depuis plus de 8 000 ans. La pratique de la viticulture est originaire de Géorgie. Elle s’est ensuite rapidement étendue jusqu’en Grèce, puis en France pour conquérir, enfin, de nombreux pays du monde. En France, on dénombre plus de 85 000 exploitations vitivinicoles et chacune d’entre-elles possèdent des particularités qui leur permettent de se démarquer, de révéler leur authenticité. 

Mais faut-il encore savoir ce que recouvre la notion d’authenticité. On définit le terme comme suit : « élément dont la réalité et l’origine ne peut être contestée ; vrai, sincère». Lorsque l’on regarde le marché de l’art par exemple, il s’agit pour un expert (dont la qualité est reconnue par ses pairs) de certifier l’origine d’une œuvre. Par son savoir et son expérience, l’expert crée de la vérité. Dans le vin, des lois et des comités en charge de les faire respecter permettent, ici aussi, de structurer et cloisonner l’authenticité d’un vin. Ainsi, au-delà de l’identité de marque que les propriétaires déterminent et font évoluer, certains éléments communément reconnus permettent de rassembler les propriétés et de classifier les vins produits : on parle alors d’appellations d’origines contrôlées (AOC). 

La notion d’authenticité dans le vin se complexifie avec le second attribut : la philosophie. La partie réglementaire fonctionne en effet, de pair avec la philosophie du vigneron qui permettra de définir son produit mais également d’orienter les consommateurs dans leur recherche de la perle rare. Elle transcende les produits et permet de les distinguer. Ce caractère humain, fait alors vaciller la notion de « vérité » qu’on attache à l’authenticité. Mais cette pente est bien trop glissante et je me refuse de l’aborder plus en détail. 

Gardons ici en tête que la notion d’authenticité dans le vin lie deux parties : la vigne et la table ; le vigneron et le dégustateur. Explorons sans plus tarder, ensemble, l’authenticité du vin et le caractère authentique de ses consommateurs. 

L’authenticité du vin, une histoire de terroir 

Côté vigne l’authenticité est l’une des deux notions, avec la qualité, qui guide le travail du vigneron. Elle revêt deux caractéristiques, l’une physique et technique ; et une seconde plus abstraite, attachée à l’homme. Je m’attarde ici sur la première notion, plus terre à terre.

La naissance de l’AOC

Le terme subtilité qualifie parfaitement celui de « terroir ». Si l’on pense à la terre qui accueille la vigne, nous n’avons que partiellement raison. En effet, le terroir se compose en réalité de trois caractéristiques : le sous-sol, le sol, et l’espace aérien qui l’influence. 

C’est au cours du 20ème siècle la notion d’Appellations d’Origines Contrôlées voit le jour afin de délimiter des zones de productions qui seront protégées. Le terroir est donc consacré par ces AOP, avec également les types de cépages, les rendements et la méthode de culture employée. 

L’histoire de la naissance de cette distinction est assez intéressante. Nous le savons, les français sont très pointilleux sur le fromage. Chaque région a tendance à revendiquer sa singularité et cela passe notamment entre le plat principal et le dessert. On compte en effet en France plus de 300 variétés de fromages, toutes protégées par des labels.

C’est à partir des années 1930, que le Baron Leroy, propriétaire de vigne à Châteauneuf-du-Pape, commence à envisager la possibilité de protéger le vin de la même manière que le fromage. A cette époque, les vignerons peinent à se relever du fléau qu’a représenté le phylloxera. Cette maladie qui a attaqué les vignes a également permis à des faussaires, de pratiquer la fraude sur la marchandise en vendant des vins qui n’étaient pas issus des domaines inscrits sur les bouteilles. Grâce aux efforts, des élus et des vignerons un décret est établit en 1935 pour défendre le terroir français.  

Les AOC françaises aujourd’hui 

On dénombre plus de 360 appellations sur le territoire français. C’est aujourd’hui l’Institut National de l’Origine et de la Qualité du vin qui est chargé de de contrôler l’authenticité du vin. L’INAO se base sur un ensemble de règles afin d’effectuer un contrôle réel et effectif sur les productions de vin en France. L’Europe se veut très stricte sur ce type de contrôle, gage d’excellence. La France étant le pays à l’origine de cette démarche de protection du patrimoine immatériel suit cette exigence. Au niveau européen on parlera d’Indications Géographiques Protégées, tandis qu’en France il s’agira de l’AOP ou AOC.

De nombreux débats prennent place autour du terme « authenticité ». Puisqu’il est notamment guidé par les constructions sociales et surtout par des éléments subjectifs telle que la ressource identitaire et la notion de délimitation et frontière. 

La philosophie, un incontournable de l’authenticité 

La philosophie du vigneron, indispensable à l’identité sincère du vin

L’histoire des Domaines et Châteaux dresse depuis plus ou moins longtemps une ligne de conduite dans la vinification et l’appréhension du produit. Au plus proche de la terre où moyen de côtoyer les étoiles, cette philosophie ancestrale se perpétue de génération en génération et participe à l’identité du vin et à son identification. En effet, les préceptes qui motivent le vigneron à se lever chaque matin influencent le produit fini. Si certains clameront volontiers que ce storytelling est d’abord et avant tout un outil marketing pour vendre, il n’en demeure pas moins qu’une partie de ces histoires guident la main de chaque employé du Domaine ou Château. 

J’en veux pour preuve les récentes tendances de viticulture. Les ambitions et leitmotiv que l’on retrouve chez une grande partie des vignerons tendent à s’inscrire dans une logique et philosophie plus respectueuse du terroir. Ainsi observe-t-on une diminution de l’utilisation de pesticides pour une viticulture plus saine. Cette évolution a mis en place une hiérarchie dans les modes de viticulture auxquels les consommateurs sont de plus en plus sensibles. Entre les vins biologiques, biodynamiques, natures ou encore végans, il y a de quoi faire. 

La biodynamie en particulier illustre parfaitement mon propos en ce que la culture respectueuse de la vigne et de la terre s’accompagne d’un respect presque métaphysique. L’homme et la plante agissent de concert et en harmonie pour produire des vins vrais et sincères. La philosophie est alors un élément à part entière du processus.

Cette quête de l’authentique peut s’effectuée de deux façons : seul. L’amateur confirmé accumule les trésors dans sa cave sans soucis de l’avis d’autrui. Mais elle se fait surtout à plusieurs, car le vin est vecteur de partage, de convivialité. Ainsi à la définition terre à terre de l’authenticité on ajoute l’élément humain, dans toute sa complexité. 

L’authentique sincérité des amateurs de vins 

La seconde partie de la définition du terme « authentique » propose deux termes, aussi forts l’un que l’autre : « vrai » et « sincère ». Côté table donc, le vin révèle. Il dit de nombreuses choses sur nous en société, et sur nous, seul face à lui. 

Élément à part entière de la culture française, le vin est un incontournable des réceptions, diners et événements, heureux ou non. Des fêtes antiques, en passant par le sang du Christ, le baptême des rois et empereurs, aux diners des plus hauts dirigeants ou des plus humbles personnes, le vin n’a jamais manqué. Le plaisir de la dégustation a toujours été partagé. 

Je citais précédemment une représentante de Vin & Société qui disait récemment que « pour aimer le vin, il faut aimer les gens ». Car si l’on conserve jalousement ses bouteilles dans une cave plus ou moins cachée on ne peut se refuser de la partager avec nos proches. Il y a d’ailleurs deux façons d’apprendre dans la vie : par la théorie et par la pratique. Le vin fait partie de ces superbes sujets que l’on apprend par le contact de l’autre. Il est un support de débat bienveillant qui révèle avec sincérité les sensibilités de chacun, les goûts et les couleurs dont on peut discuter

De nombreux détracteurs jettent la pierre sur l’argument de la « culture française » qui pousserait à la consommation. Or les défenseurs de cette culture jouent, eux, sur l’intelligence de chaque consommateur, en les incitant à boire raisonnablement, consciencieusement. 

Qu’on aime ou non le vin, ou encore ceux qui en consomme, on ne peut nier que la façon de l’appréhender en dit long sur celui ou celle qui le boit.

Le vin est mon argument humaniste préféré. 

Soyez vrais, soyez sincères et surtout : Hissez-haut. 

VL

N’hésitez pas à me faire part de vos mots doux, de vos impressions. Dites-moi quel est votre vin préféré, par exemple, ou racontez-moi une histoire.

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PS : je tiens à rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il convient de boire conscient. Faites honneur à ces femmes et ces hommes qui travaillent pour embellir vos débats et révéler votre sincérité. Restez dignes et ne côtoyez pas l’ivresse, ce serait dommage. 

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