Le Beaujolais : l’histoire d’une région en perpétuel rayonnement

Je n’ai encore jamais bu de Beaujolais Nouveau. Mais en cette année 2019, ça va changer.

Le Beaujolais est une région viticole française qui, encore aujourd’hui, génère de nombreuses interrogations. Pour la plupart des gens elle serait la région la plus « populaire » de France. Le Beaujolais ne comporte en effet « que » dix Crus, ce qui dénote avec les quelques 162 appellations de Bourgogne. On oppose souvent ces deux régions, supposées en guerre par les néophytes. Mais détrompons-nous ! J’étais moi-même jusqu’ici néophytes. Ce que l’on apprend à la lecture de nombreux arrêtés ou livres spécialisés, c’est que le Beaujolais est « le plus vaste et le plus méridional des vignobles de la Grande Bourgogne ». Administrativement donc, le Beaujolais est une région de la Bourgogne. Du reste, du sol à la mise en bouteille, la Bourgogne et le Beaujolais n’ont presque rien en commun si ce n’est l’amour du travail bien fait.

Ainsi, on apprend que dans le Beaujolais, le sol se compose de roches ignées et de granite, que le cépage rouge de prédilection est un gamay boudé depuis 1395 par le reste de la Bourgogne.  Souvent mal perçu des consommateurs, le Beaujolais reste une région qui donne à boire de bons vins à celui qui est attentif. Pourquoi donc entendons-nous de nombreuses critiques à propos de cette région qu’on connait finalement peu, en comparaison à ces mastodontes que représentent les Grands vins de Bourgogne et de Bordeaux ?

A Lyon on dit souvent que coulent trois fleuves : le Rhône, la Sôane et le Beaujolais. Si proche de ma ville et pourtant si loin, je découvre la complexité de cette région viticole. Le Beaujolais donne du grain à moudre, ou plutôt des grappes à vinifier à celui qui s’y confronterait trop frontalement. Alors comme pour la dégustation, prenons le temps d’apprécier le moment et de décomposer méticuleusement les spécificités de cette belle région viticole française. Découvrons ensemble l’histoire d’une région en perpétuel rayonnement.

Le Beaujolais, une région qui s’est longtemps cherchée

Ce qui importe lorsque l’on fait du vin c’est en priorité le terroir et le cépage. Le Beaujolais subit en quelque sorte l’influence de la Bourgogne dans le choix de son cépage de prédilection, et ce, dès 1395. Il se trouve, en effet, qu’à cette date la Bourgogne, du fait de décisions politiques, a supprimé le gamay des cépages légalement cultivables sur ses terres. Ce cépage a été exclu car jugé trop prolifique. Ainsi, dès la fin du XIVe siècle, la région du Beaujolais est la seule à cultiver le gamay. Or, le Beaujolais est confronté à la même problématique qui a amené à la suppression du cépage en Bourgogne… Il faut dès lors que les vignerons trouvent un moyen pour anoblir le gamay.

La tâche n’est pas chose aisée. Au travers des siècles le Beaujolais tente de s’affirmer. On le sert dans les cafés des villes et bouchons lyonnais surtout, comme un « vin de table« , un « vin de soif », un « vin de copains« . À la suite des deux Guerres Mondiales l’ensemble de la France est à reconstruire et les vignerons sont rapidement confrontés à de nombreuses problématiques. Des identités fortes se dégagent des productions des régions viticoles de France, mais le Beaujolais peine à trouver son « identité de marque« .  La solution se présentera à la région en 1951 sous l’impulsion du syndicat des vignerons du Beaujolais.

Le Beaujolais-Nouveau, un argument pour changer la vision de toute une région

Jusqu’il n’y a pas si longtemps, la région du Beaujolais peinait à s’affirmer parmi les grandes sphères. Cette ambiguïté était alimentée par le manque d’informations quant à la différenciation, ou non, de la région bourguignonne de celle du beaujolais. Rares sont ceux qui savent que le beaujolais appartient effectivement à la Bourgogne, et que donc certains vins sont étiquetés « de Bourgogne » alors qu’ils sont produits en Beaujolais. Le Beaujolais profite alors de la réputation de la Bourgogne, a raison, sans que le consommateur n’y comprenne grand-chose. L’arrivée du phénomène « Beaujolais Nouveau » bouleverse ce paradigme puisqu’il permet de mettre en lumière cette région en manque de popularité.

Au début du mois de septembre 1951 un arrêté officiel fixe la date de début des ventes de vin au 15 décembre. De cet évènement nait une initiative menée par le syndicat de viticulteurs du Beaujolais qui militaient pour un traitement de faveur. Après de nombreuses discussions les vignerons obtiennent gain de cause. Ils pourront, de ce fait, commercialiser les vins du Beaujolais trois semaines avant les autres régions : le phénomène Beaujolais Nouveau est né.

Il faut attendre 1985 avant que le rendez-vous du troisième jeudi du mois de novembre soit officiellement fixé. Dès lors, les vignerons se font connaitre par coup de communication autour de l’arrivée de ce vin en primeur. Le Beaujolais nouveau égaye l’automne et permet aux voisins de tous les villages proches de la région de se retrouver. Car nous avons tous ici, à Lyon, un souvenir qui inclus le Beaujolais Nouveau. On dit de lui qu’il « est un vin frai, rafraichissant et sans prétention« .

Le Beaujolais, le rayonnement mondial d’une région

La qualification de « Beaujolais Nouveau« , si elle a longtemps fait défaut à tous les vins produit en Beaujolais, a pris un tournant novateur ces dernières années, participant alors au changement de regard sur les vignes de la région.

Le marketing du Beaujolais Nouveau a eu un impact exponentiel depuis ce début de XXIe siècle. J’en veux pour preuve cette passion que développe le marché asiatique pour les vins de la région du Beaujolais. Les chiffres parlent d’eux même puisque la moitié de la production du beaujolais est dédiée à l’export, avec en tête le Japon et la Corée du Sud. Il n’est pas rare d’ailleurs de croiser dans les médias quelques photos assez incroyables d’un japonais allongé bien confortablement dans son flamand rose gonflable qui flotte… sur du vin du Beaujolais.

Dans l’hexagone on retrouve des fêtes de villages pour la percé du vin. Plus encore, grâce à ce coup de projecteur la région du Beaujolais met en avant ses nouvelles initiatives. Ainsi se développe l’éco-tourisme. Une manière de découvrir le patrimoine viticole français, sous l’angle de l’écologie et de la préservation de l’environnement. L’ensemble de ces démarchent et la nouvelle visibilité de la région nous permet de prédire une belle suite au Beaujolais : Santé !

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Cette tradition qu’est le Beaujolais Nouveau est une occasion de plus de célébrer la convivialité, de partager ces valeurs que les vignerons pratiquent au jour le jour. Rassembler, cultiver et faire aimer, c’est l’ambition première du vin dans son ensemble, il est prétexte au partage et satisfait notre bibliothèque olfactive.

Alors tous je vous invite à rejoindre vos voisins pour un moment de convivialité. Je vous invite à visiter des domaines qui ouvriront leur porte pour sûr le week-end du 23-24 Novembre.

Je vous invite bien-sûr à cultiver vos sens jusqu’au prochain article et surtout : hissez-haut.

VL

N’hésitez pas à me faire part de vos mots doux, de vos impressions. Dites-moi quel domaine vous allez visiter pour le Beaujolais Nouveau, par exemple, ou racontez-moi une histoire.

Je vous invite également à me suivre sur Instagram


PS : je tiens à rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il convient de boire conscient. Faites honneur à ces femmes et ces hommes qui travaillent pour embellir vos débats et révéler votre sincérité. Restez dignes et ne côtoyez pas l’ivresse, ce serait dommage. 

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