La vigne à l’honneur : Vin biologique, le premier pas vers la protection de l’environnement

« C’est bio c’est bon ». Combien de fois avons-nous entendu ce slogan ces dernières années ? Combien de détracteurs avons-nous entendus au sujet de ce mode de culture ? Et cet adage, finalement, peut-il s’appliquer à la vigne ? 

La viticulture biologique représente le premier pas que peut faire le viticulteur vers une démarche plus soucieuse de l’environnement. En revanche, l’aspect biologique, que ce soit dans la vigne ou tout autre type de culture, est assez controversé. Le vin biologique se définit comme suit : forme de viticulture qui exclut l’usage de tout produit de synthèse. L’Institut national des origines et de la qualité (INAO) ajoute quelques précisions. C’est une pratique environnementale optimale qui respecte la biodiversité et les ressources naturelles tout en faisant attention au bien être animal.

Il est temps de se pencher sur l’étiquette des bouteilles afin de comprendre la démarche qui se cache derrière le label « viticulture biologique ». Si vous n’êtes pas un habitué du vin bio, peut être que mon discours vous permettra de changer de regard sur le label. Peut-être même que vous vous surprendrez à en acheter une bouteille « juste pour voir », « juste pour goûter », pour l’occasion… ! 

La philosophie de la viticulture biologique

C’est en 1920, en Autriche que nait la démarche biologique. L’ambition est simple : cultiver ses terres tout en respectant l’équilibre avec la biodiversité. Le mouvement commence à se faire connaitre progressivement en Europe. En France, il apparait en 1950. L’essor de la pratique intervient dans les années 1990 lorsque la population souhaite plus de transparence sur la façon dont l’agriculture est pratiquée.

Côté vignes et vignerons, les années 1960 sont marquées par une utilisation importante de désherbants et de produits chimiques. En réaction à cette méthode, certains viticulteurs s’orientent vers une agriculture plus durable : la viticulture biologique. Redonner sa liberté au vignoble, est quelque part l’ambition de cette pratique. Sans désherbants ni produits chimiques d’aucune sorte, c’est la vie que les vignerons souhaitent retrouver dans leurs rangs. Cette démarche séduit de plus en plus de vignerons, d’autant plus que les tendances actuelles s’alignent avec cette façon de concevoir l’agriculture. 

Si en 1998 on comptait 500 exploitations viticoles biologiques, aujourd’hui, c’est plus de 9% des vignobles français qui pratiquent cette forme de viticulture. La France se situe donc en troisième place sur le podium mondial. L’Espagne et l’Italie sont en effet les deux pays qui possèdent le plus de vignobles biologiques au monde. D’ailleurs 12% de la production internationale est bio et de plus en plus de domaines prestigieux s’intéressent à la démarche !

Le vin biologique, en pratique, de la vigne à la bouteille

Il faut garder à l’esprit que c’est une démarche qualitative et non quantitative qui motive les vignerons. D’ailleurs on dit d’un vigneron qui se lance dans l’aventure biologique qu’il se « convertit » ce qui traduit bien un réel investissement de sa part dans la démarche. La conversion vers ce mode de viticulture prend du temps : celui de l’assainissement du sol (s’il connaissait auparavant des traitements chimiques par exemple) et de l’adaptation du vigneron. Le premier règlement européen qui structure les pratiques biologiques en 1985 n’encadre que la partie vignoble. Il faut attendre 2012 pour que des règles soient mises en place pour la vinification. 

Ainsi, dans les vignes, le désherbants, les OGM et autres pesticides sont proscrits. La vigne est en compétition avec un environnement naturel, ce qui lui permet de trouver un équilibre adéquat. Les engrais ont une origine naturelle, qu’elle soit animale ou végétale. Dans son ensemble la démarche d’entretien se rapproche assez de la méthode bio-dynamique, la démarche spirituelle en moins. Le cuivre et la confusion sexuelle sont deux pratiques courantes, même si l’une est plus polémique que l’autre.

Côté chai désormais, la production est encadrée. Contrairement au vin nature, le vin biologique ou encore le vin vegan, peut connaitre quelques interventions. Ajout de sulfites, de levures ou encore la clarification sont en effet possibles. Cela permet notamment de standardiser les goûts du vin mais aussi d’améliorer la conservation et en assurer la constance de ce vin bio.

Le choix de la viticulture biologique, ou même biodynamique et vegan, induisent nécessairement des contraintes. Mais les vignerons sont prêts à faire cet effort pour fournir, au consommateur, des produits plus en phase avec l’environnement. Pour structurer la démarche, de nombreux organismes soutiennent les domaines et Châteaux. 

La protection d’un principe fort dans la viticulture

Vous l’avez compris, le mouvement de l’agriculture biologique s’est développé tout au long du XXe siècle. C’est dans les années 1990 que la démarche commence à peser médiatiquement. Dès 1985 un règlement est édicté par l’Union Européenne, officialisant la viticulture biologique et uniformisant de fait les pratiques sur le territoire. En 2012, ce document est mis à jour afin de cadrer les pratiques de la vigne au chai. Les méthodes pour pallier l’absence de produits phytosanitaires et les engrais chimiques sont ainsi détaillées. On peut trouver par exemple la confusion sexuelle, de plus en plus en vogue, ou encore des traitements au cuivre extrêmement réglementés. 

L’ensemble des additifs, comme les sulfites qui interviennent lors de la vinification, sont eux aussi contrôlés. Dès lors on lit qu’un vin blanc ne peut contenir plus de 120 mg de sulfites et qu’un rouge ne peut dépasser les 100 mg. Sont assez larges pour que le vigneron puisse s’exprimer à travers son travail, mais stricte pour standardiser la méthode afin de s’assurer qu’elle soit suivie à la lettre. 

Ce label AB certifié par l’Union européenne est garanti par l’Institut National des origines et de la qualité (INAO). Ce dernier est l’institution chargée du contrôle du respect de ces normes agricoles, au niveau national. Elle agit au travers de 9 organismes qui délivrent les certifications aux vignobles et leur rende régulièrement visite. À ce titre, nous pourrions citer, Ecocert ou encore Agricert qui sont les organismes les plus connus. 


En conclusion, la viticulture biologique est le premier pas vers une consommation plus saine. Un grand effort est fourni de la part des vignerons pour ne pas augmenter les prix des bouteilles afin que le choix du consommateur, vers un vin bio ne soit pas perçu comme un « sacrifice ».

Il faut cependant noter que ce n’est pas parce qu’un vignoble n’a pas de label qu’il n’est pas bio ! En effet, la contrainte que représente l’absence de traitement des vignes peut représenter un gros soucis notamment en cas de forte intempéries. Pour sauver leurs vignes de la maladie ou de la météo, certains vignobles soucieux de l’environnement se gardent la possibilité d’intervenir à moindre mesure, avec ce type de produit afin de pérenniser leurs activités. 

Je ne pourrais donc que vous conseiller d’étudier en amont les domaines et leurs façons de faire, ou même de demander à votre (gentil.le) caviste de vous parler un peu plus en détail de ses produits. 

En attendant le prochain article de « La vigne à l’honneur », hissez-haut ! 

VL. 


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